Hypersensibilité : pourquoi je décroche parfois

On me dit souvent que je suis « perchée », « bordélique », « à l’ouest ». Pendant longtemps, j’ai cru que c’était un défaut. Et puis j’ai compris que c’était simplement ma manière d’être au monde. Voici mon témoignage brut et sans filtre.

Ok, je suis comme ça.

J’ai tout essayé. Les méthodes d’organisation, les promesses de rigueur, les résolutions bien tenues deux jours à peine. Rien n’y fait : je reste bordélique. Pas forcément pour moi, mais pour les autres.

On dit souvent que je m’envole. Qu’après avoir été super présente, sociable et vivante dans une conversation de groupe, je disparais. Mais la vérité, c’est que je suis encore là, mais ça ne m’intéresse plus. Je suis simplement partie ailleurs, dans mon monde intérieur.

Je l’ai remarqué : tant que la conversation a de la profondeur, je suis captivée. Mais dès que ça devient creux, je décroche. Je continue ma réflexion toute seule, comme happée. Et puis, un mot, une phrase qui résonne, et me voilà revenue.

Alors on dit de moi que je suis rêveuse, perchée, dispersée. Peut-être. Mais en fait, je cherche juste le vrai, l’essentiel. Parler pour ne rien dire, ça ne m’intéresse pas. Les mots pour moi ont du poids, une vibration. Je peux faire semblant vingt minutes, pas plus.

Et mon désordre alors ?

Sur mon bureau, dans mes papiers, c’est le chaos : des cahiers commencés chaque semaine, des promesses de rangement jamais tenues. J’ai voulu me corriger, me discipliner, classer, anticiper. Échec total.

J’avance avec le moment. Ce qui doit se faire, se fera quand ce sera le bon moment. Pas avant. Pas par anticipation. Je fonctionne à l’instinct, avec mes tripes, et pas avec ma tête. Ce n’est pas conventionnel, mais c’est ma sécurité. Si je force, j’y laisse des plumes.

Et là encore, on me regarde en coin : « Elle est perchée. » Je le sais, je le vois. Mais je n’y peux rien : ma mémoire, mes idées, elles flottent au-dessus de moi, comme en suspens, et redescendent quand il le faut. Je ne prévois pas. Je ne sais pas. Et bizarrement, c’est comme ça que ça marche.

Mon chaos, ma sécurité

Ce désordre apparent n’est pas du hasard. Mon bureau, mes papiers, mes cahiers ouverts partout : c’est ma façon de rester connectée à mon moment présent. Chaque feuille, chaque idée qui traîne a sa place dans mon processus intérieur, même si ça semble chaotique pour les autres.

Ce n’est pas de la dispersion d’esprit ou un manque de structuration, non car je sais être pragmatique et concrête, je suis ancrée. C’est ma manière de créer, d’expérimenter, de réfléchir, d’organiser mes pensées dans mon propre rythme, guidée par l’intuition et le ressenti. Le chaos devient ma sécurité, parce que je sais que ce que j’ai besoin de traiter remontera au bon moment, naturellement.

Et c’est pareil dans mes échanges sociaux : je me connecte profondément quand ça compte, et je me retire quand la superflu prend le dessus. Mon monde intérieur guide mes actions. C’est peut-être déconcertant pour certains, mais c’est ce qui me permet d’être pleinement moi.

Pour ceux qui se reconnaissent

Si toi aussi tu as ce fonctionnement un peu à contre-courant, que tu te demandes si tu n’es pas « à l’ouest », peut-être que tu es comme moi : sensible, connecté, guidé par un autre rythme. Viens, je vais t’expliquer comment faire avec.