Le bilan de compétences ne peut plus être un simple outil d’orientation professionnelle. Dans un monde du travail instable, accéléré et parfois déshumanisé, il devient un espace de recentrage, de vérité intérieure et de repositionnement humain autant que professionnel.
Quand on regarde la situation du monde du travail aujourd’hui, il devient difficile — voire impossible — de s’y projeter sereinement, et cela à plusieurs niveaux. Nous sommes bien d’accord.
L’IA transforme déjà nos métiers. Nous ne connaissons pas encore ceux qui émergeront. Le management se déshumanise dans beaucoup d’entreprises : grand retour d’un taylorisme moderne où chacun doit exécuter une fonction sans pouvoir mettre du sens dans son travail. On parcellise. On demande d’exécuter, plus de réfléchir. Et cela touche même les métiers du relationnel.
La norme sociale entretient toujours le mythe de la performance, de la rentabilité, de la réussite et du dépassement permanent. L’évolution des carrières engendre parfois des postures managériales basées sur un sentiment de supériorité : posture de despote, de “winner”, de patriarche.
« C’est moi le chef. »
Avec les dents longues , parfois sous couvert de discours RSE bienveillant.
On crée des protocoles QVT, des programmes de “happy management”. Mais le vrai manager humain n’a pas besoin d’être qualifié ainsi. Il sait ce qui le guide : le cœur, l’intelligence émotionnelle, la conscience.
Et étonnamment, je rencontre beaucoup de managers profondément humanistes qui atteignent une limite que leur N+1 ou N+2 ne supporte pas : des directions totalement coupées des émotions, qui gèrent la main-d’œuvre comme des pions à déplacer ou à éliminer.
Parce qu’aujourd’hui, accompagner une personne en bilan de compétences, ce n’est plus seulement parler métier. C’est lui permettre de revenir à sa vérité intérieure. De cesser de douter de la profondeur et de la bienveillance qu’elle apporte dans ses équipes. De comprendre qu’elle n’a pas à douter de ses talents ni de ses compétences , et que, bien souvent, c’est le système qui est défaillant.
J’entends déjà la réaction :
« Être gentil, c’est bien… mais à un moment il faut trancher. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde».
Exact.
Et je rappelle qu’être gentil ne signifie pas devenir un paillasson face à la hiérarchie ! Ca ne veut pas dire qu’une personne sensible ne sait pas affirmer avec autorité naturelle une posture.
En bilan, nous travaillons cette puissance intérieure. Ce socle. Cette autorité juste. Celle qui permet de ne plus se faire écraser devant les psychopathes. Oui, la métaphore est forte et je l’assume , parce qu’il faut parfois marquer les esprits et ne plus douter de la force des managers humanistes. Et je refuse d’être traitée d’utopiste ou de naïve.
I HAVE A DREAM: voir les managers humanistes réussir à prendre leur juste place avec cette nouvelle posture sans un brin de doute quant à leur PUISSANCE SAINE. Une posture où le doute de légitimité disparaît. Où émerge une génération capable d’incarner un changement de paradigme et de faire vivre l’humanité autour d’elle pour de vrai. Et cela demande de la force, une foi et liberté intérieures.
Enrichir les actionnaires n’est pas un projet de société. C’est un choix de système. Mais on a besoin de se réveiller à qui nous sommes et agir pour gagner.
Je crois qu’un monde meilleur est en train d’arriver , si nous décidons, un par un, de transformer sa gentillesse en puissance incarnée. Car seul dans son coin, c’est difficile.
Seul, on ne peut pas grand-chose.
Mais chacun peut agir s’il décide de ne pas lâcher sa ligne de conduite pour le diffuser autour de lui. Non nous ne sommes pas impuissants dans ce monde nous croyons l être c’est tout et on donne notre pouvoir d’action par soumission.
Aujourd’hui, c’est un combat à dédier à l’amour, à l’humanisme, quand d’autres se consacrent à la haine.
Le monde a besoin d’amour. Et j’ai envie de contribuer à cela à mon niveau. Alors se réveiller, c’est oser parler et dépasser ses peurs. On ne peut plus se faire petit.
Bref je fais peut etre quelques digressions sur le theme du bilan de compétences, mais c’est ce qui m’anime profondément et c’est aussi pour cette raison d’être que j’aime réveiller le pouvoir d’AGIR des gens, finalement que ce soit en bilan en thérapie ou en accompagnement global peut importe.
Et vive la révolution sensible
