Apprivoiser son système nerveux pour retrouver son élan
Vous avez beaucoup réfléchi. Vous avez compris certaines choses. Peut-être même avez-vous déjà fait un important travail sur vous.
Et pourtant, quelque chose continue de se jouer malgré vous.
Vous savez que vous pourriez dire non, mais votre corps se tend au moment de poser une limite. Vous avez envie d’avancer, mais vous procrastinez dès qu’il faut passer à l’action. Vous comprenez que cette situation ne vous convient plus, mais une partie de vous reste comme paralysée. Vous aimeriez être plus spontané, plus présent, plus libre… et vous vous retrouvez encore à vous retenir.
Ce décalage entre ce que l’on comprend et ce que l’on arrive réellement à vivre est l’une des portes d’entrée possibles vers un travail somatique.
La Somatic Experiencing® propose justement de remettre le corps dans l’équation.
Non pas pour chercher encore une explication à tout. Mais pour apprendre à écouter ce qui se passe en vous, au moment où cela se passe, et retrouver progressivement davantage de choix dans votre manière de réagir.
Comprendre son histoire est profondément libérateur.
Mettre des mots sur ce que l’on vit, identifier certains mécanismes, faire des liens entre son passé et ses réactions actuelles : tout cela peut apporter de la clarté.
Mais nous ne sommes pas uniquement des êtres qui pensent.
Une situation peut être parfaitement comprise intellectuellement et continuer à provoquer une réaction corporelle : accélération, tension musculaire, boule dans la gorge, agitation, envie de fuir, sidération, fatigue, difficulté à respirer pleinement…
Parfois, la tête dit :
« Je sais que je ne suis plus en danger. »
Et le corps, lui, semble répondre autrement.
Cela ne signifie pas que vous êtes irrationnel, fragile ou incapable de tourner la page. Cela peut simplement indiquer qu’une situation continue à mobiliser des réponses de stress qui échappent en partie au raisonnement conscient.
La Somatic Experiencing s’intéresse précisément à cette dimension corporelle des réactions de stress et du traumatisme. Elle a été développée par Peter Levine et repose sur une approche centrée notamment sur les sensations corporelles, la régulation et les réponses de survie.
Lorsque l’on ressent beaucoup, on peut rapidement avoir envie de faire disparaître ce qui nous traverse.
Ne plus avoir peur.
Ne plus être anxieux.
Ne plus se mettre en colère.
Ne plus être submergé.
Ne plus ressentir cette tension.
Mais chercher à supprimer une réaction n’est pas toujours la meilleure manière de retrouver de la liberté.
Une réaction corporelle a souvent une logique, même lorsqu’elle nous paraît disproportionnée aujourd’hui.
Et surtout, vous n’avez pas besoin de vous battre contre vous-même pour changer.
Dans une séance, il ne s’agit donc pas de forcer une émotion, de revivre un événement douloureux ou de raconter toute son histoire dans les moindres détails.
Au contraire.
L’approche somatique invite à ralentir, à observer ce qui se passe ici et maintenant et à avancer par petites touches, en respectant les capacités du moment.
C’est probablement l’une des particularités importantes de la Somatic Experiencing.
On ne cherche pas à plonger directement dans ce qui est difficile.
On peut commencer par quelque chose de beaucoup plus simple : remarquer comment vous êtes assis, sentir vos pieds au sol, observer votre respiration, repérer une zone de tension ou, au contraire, une sensation agréable ou neutre.
Cela peut sembler très simple.
Et pourtant, lorsque l’on a l’habitude de vivre essentiellement « dans sa tête », porter attention aux sensations peut déjà constituer une véritable expérience.
En Somatic Experiencing, on porte une attention particulière aux sensations corporelles et à leurs évolutions. On avance progressivement, en alternant les moments où le corps est plus activé avec des sensations plus agréables ou plus stables, sans jamais forcer.
L’objectif n’est pas de faire « beaucoup ».
C’est plutôt d’apprendre à rester en relation avec ce qui se passe sans être immédiatement débordé ou coupé de soi.
maginez une situation dans laquelle vous avez tendance à vous effacer.
Vous savez intellectuellement que vous pourriez prendre votre place. Vous avez même préparé ce que vous voulez dire.
Puis arrive le moment de parler.
Le ventre se serre. Le cœur accélère. Vous perdez vos mots. Vous souriez. Vous dites finalement oui.
Et après coup, vous vous en voulez.
Avec une approche purement cognitive, vous pourriez chercher à comprendre pourquoi vous faites cela.
Avec une approche somatique, une autre question peut apparaître :
Que se passe-t-il dans mon corps juste avant que je dise oui ?
Cette question déplace légèrement le regard.
On ne cherche plus seulement à analyser le comportement après coup. On apprend à reconnaître les premiers signaux : une tension, une retenue du souffle, une sensation de rétrécissement, une impulsion à reculer…
Et c’est là que peut apparaître quelque chose de précieux : un peu plus de choix.
Pas nécessairement un grand « non » spectaculaire.
Peut-être simplement quelques secondes de plus avant de répondre.
Une respiration.
Une sensation de stabilité.
La possibilité de dire : « Je vais y réfléchir. »
Le changement peut commencer très petit.
Et c’est justement ce qui permet parfois de l’inscrire dans l’expérience plutôt que de le laisser au stade de la bonne résolution.
Certaines personnes ont développé très tôt une grande capacité d’adaptation.
Elles sentent les autres. Anticipent. Évitent les conflits. Font attention à ne pas déranger. Prennent sur elles. Fonctionnent longtemps sans se demander ce dont elles ont réellement besoin.
Cela peut être une force.
Jusqu’au jour où le système atteint ses limites.
On ne sait plus très bien ce que l’on veut. On se sent fatigué sans comprendre pourquoi. On supporte de moins en moins certaines situations. On a besoin de solitude. On se sent déconnecté de soi. Ou l’on a l’impression de ne plus reconnaître la personne que l’on est devenue.
Dans ces moments-là, il peut être tentant de chercher immédiatement une nouvelle solution : changer de travail, prendre une décision, faire un nouveau projet, comprendre encore davantage.
Parfois, ce n’est pas encore le moment de décider.
Il peut d’abord être utile de retrouver suffisamment de sécurité intérieure et de présence pour sentir ce qui est réellement juste pour soi.
C’est là que l’approche somatique peut trouver sa place dans un accompagnement des transitions personnelles et professionnelles.
Une séance ne consiste pas nécessairement à parler pendant une heure de ce qui ne va pas. La parole est présente, bien sûr. Elle permet de mettre des mots sur votre expérience et de donner du contexte.
Mais l’attention se pose sur la conscience corporelle vécu pendant la séance.
Qu’est-ce que vous remarquez maintenant ?
Où cela se manifeste-t-il ?
Est-ce plutôt une pression, une chaleur, une contraction, une agitation, une absence de sensation ?
Est-ce que cela change lorsque vous ralentissez ?
Que se passe-t-il si vous portez votre attention ailleurs ?
Y a-t-il une sensation plus confortable, plus neutre ou plus stable quelque part ?
Ce sont parfois ces micro-mouvements qui permettent d’expérimenter autrement une situation.
On peut également travailler avec des mouvements, la posture, la respiration ou différentes formes d’orientation et de ressources, toujours dans le respect de ce qui est accessible pour vous à cet instant.
Il n’est pas question de forcer.
On allonge le temps.
On laisse davantage d’espace entre le stimulus et la réaction, entre l’émotion et l’action.
Et peu à peu, quelque chose peut devenir plus disponible : la capacité à sentir, à choisir et à agir sans être systématiquement emporté par une réaction automatique.
La Somatic Experiencing n’est pas une recette pour être toujours bien
C’est important de le préciser.
Le but n’est pas de devenir parfaitement calme, parfaitement régulé ou de ne plus jamais ressentir de stress.
La vie continuera à nous traverser.
Nous serons parfois en colère, inquiets, fatigués, enthousiastes, bouleversés. Et c’est heureux : un système vivant n’est pas un système immobile.
L’enjeu est plutôt de retrouver davantage de souplesse et de capacité d’adaptation.
Pouvoir revenir à soi après avoir été bousculé.
Sentir ses limites.
Reconnaître ses besoins.
Supporter davantage ce qui se passe sans devoir immédiatement fuir, contrôler, se couper ou se suradapter.
Et surtout, retrouver progressivement une relation différente avec soi-même.
C’est dans cette perspective que je propose des séances de Somatic Experiencing à Tours et à distance.
Mon approche associe la dimension somatique à mon expérience de l’accompagnement des transitions personnelles et professionnelles.
Nous ne cherchons pas à vous faire entrer dans une case ni à faire disparaître votre sensibilité.
Au contraire, il s’agit de mieux comprendre votre fonctionnement, d’écouter ce qui se passe réellement en vous et de retrouver une manière plus ajustée d’habiter votre vie.
Parce que le changement ne se comprend pas seulement.
Il s’expérimente.
Et c’est parce qu’il peut être vécu de l’intérieur qu’une nouvelle possibilité peut peu à peu devenir réelle : une autre manière de se positionner, de décider, de relationner, de prendre sa place.
Parfois, le chemin commence simplement par là : revenir au corps pour pouvoir à nouveau avancer depuis soi.
Prêt·e à retrouver votre élan vital ? La thérapie Somatic Experiencing vous offre un chemin doux et respectueux vers vous-même.